Le travail de création d’une compagnie est une lente élaboration, une maturation qui s’opère dans la confiance et le doute, dans l’échange secret d’une équipe formée ou reformée.
Les « moments » de la création (car ils sont nombreux) sont autant d’esquisses, de constructions imaginaires à refaire ou à repenser souvent.
Ils
sont aussi des choix assumés, des certitudes fragiles, une alchimie
empirique, un polissage entêté, des rencontres de gens, de styles,
de questionnements et de réponses parfois.
Les moyens de locaux et de temps que nous offrent notre implantation à
l’Espace Culturel Saint-André d’Abbeville, nous permettent
de répondre à ces exigences.
Mais pendant ce temps d’élaborations et de recherches, pendant que progresse ce travail, qu’en est-il du public, qu’en est-il de nos partenaires, de ceux qui nous suivent ou aimeraient nous connaître ?
De
cette interrogation est née l’envie de partager avec les spectateurs
et une équipe de création, l’ « Esquisse »
d’un spectacle en devenir.
En discuter ensemble, transmettre les premières propositions de l’acteur,
du metteur en scène, de la compagnie du lieu ou invitée, française
ou étrangère, le tout autour d’un verre pour débattre
de ce qui vient d’être vu, de l’ébauche proposée,
voilà ce que nous voudrions instaurer à l’occasion de
ces soirées que nous avons décidé de baptiser «
Esquisses / work in progress ».
Autour de deux thématiques nous allons développer le travail
sur différents auteurs et différentes œuvres :
Les dictatures Impalpables
Des
textes courts, proposés en regard, d’auteurs différents
: Howard Baker (Les Possibilités..) et Harold Pinter (Un pour la Route).
Œuvres qui mettent en jeu des situations où d’impalpables
autorités régissent des vies sous le joug de codes absurdes.
La soumission aux évidences, à une pensée formatée
s’opère avec brutalité s’il le faut, sous le couvert
de la raison et du dialogue.
Les vigilances s’endorment et ceux qui s’érigent encore
en sentinelles sont impitoyablement piétinés ou ostracisés.
Mémoires et Utopies
Autour
du texte de Jacques Gabriel « Procès d’un Jeune homme »,
adapté par Jacques Labarrière, un travail de mémoire
sur le siècle des lumières, Voltaire, l’utopie de la raison.
L’œuvre de Jacques Gabriel, reprend le cas Chevalier de La Barre,
elle tente d’en démonter les mécanismes tant politiques
qu’affectifs.
Au vu du nombre de comédiens, les esquisses mettront en jeu des acteurs
venant de multiples horizons et de générations différentes.
D’autre part, l’implantation de la Compagnie sur Abbeville (lieu
où vivait La Barre et de son supplice), nous mènera à
décliner notre travail autour de nombreux rendez-vous (lectures, débats,
conférences philosophiques et historique, rencontre avec les associations
laïques etc…)
Ces
esquisses se réalisent suivant le financement dégagé
et les disponibilités des comédiens et du metteur en scène.
Elles s’ouvrent en fin de parcours sur la (ou les) création(s)
prochaine(s) de la Compagnie et permettent étapes par étapes
de dégager les partenariats viables, tant artistiques que financiers
et de coproductions.